Allaiter un bébé prématuré : le témoignage de Laurie, maman de Jules
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Jules est né à 34 semaines. Il pesait moins de 2 kg. Et Laurie, sa maman, a produit jusqu'à 1,5 litre de lait par jour pour lui. Voici son histoire.
Il y a des maternités qui ne ressemblent pas à ce qu'on avait imaginé. Pas de retour à la maison le troisième jour, pas de premières nuits ensemble dans la même chambre, pas de tétée tranquille dans un fauteuil. Juste l'hôpital, les machines, et une force qu'on ne savait pas avoir.
Laurie, 4 mois après la naissance de Jules, raconte.
Une naissance que personne n'avait vue venir

Laurie travaille en pharmacie. Elle a continué jusqu'au début de son congé maternité, parce que tout se passait bien. Une semaine après, Jules est arrivé — à 34 semaines, 1,920 kg à la naissance.
"L'accouchement a été assez difficile, car je ne m'y attendais pas du tout."
Vingt jours d'hospitalisation. Jules en néonatologie, Laurie en maternité. Séparées par des couloirs, des horaires, des protocoles. Et pourtant, dès le départ, une certitude : elle allaitera.
Tirer son lait à 3h du matin et traverser les couloirs

Quand bébé est en néonat nourri par sonde, l'allaitement prend une autre forme. Pas de mise au sein, pas de peau à peau immédiat. Juste le tire-lait, encore et encore, et les allers-retours pour déposer le lait au service, peu importe l'heure.
Ce que Laurie n'avait pas anticipé, c'est l'ampleur de sa production. Jusqu'à 1,5 litre par jour. Le personnel soignant plaisantait : "Tu produis pour des jumeaux." Elle a même pu faire don au lactarium, son lait étant bien au-delà des besoins de Jules.
"Cela demandait beaucoup d'énergie et c'était parfois très fatiguant."
Mais elle n'a jamais douté. Son corps avait reçu le message : il fallait produire. Et il a répondu.
Ce qui l'a maintenue debout
Dans les moments les plus durs, Laurie ne pensait qu'à une chose : la santé de Jules. Sa prise de poids. Ses progrès.
"Peu importe les difficultés ou la fatigue que je pouvais ressentir, il était primordial pour moi de continuer."
L'équipe de l'hôpital Jacques Monod du Havre a joué un rôle immense. Et parmi tous les soignants, Antoine — un infirmier — a particulièrement marqué Laurie et son conjoint. Celui qui rassurait, qui expliquait, qui était là.
Le peau à peau aussi. Fortement recommandé pour les bébés prématurés, il est devenu une routine quotidienne pour Laurie et son compagnon. Un ancrage dans cette période suspendue.
Aujourd'hui, à 4 mois

Jules a commencé à téter avec un bout de sein — adapté à sa bouche de prématuré, à ses forces encore fragiles. Puis, progressivement, sans bout de sein.
Aujourd'hui, l'allaitement se passe à merveille.
"Je suis vraiment fière de nous."
Trois mots simples qui résument des semaines d'efforts, de fatigue, d'amour et de persévérance.
Ce qu'elle dirait à une maman qui vit la même chose
"Je lui dirais de ne jamais abandonner. Même si c'est une période difficile, ces bébés sont des véritables petits battants et ils nous surprennent chaque jour par leur force."
Et cette expérience l'a transformée, au-delà de la maternité. Elle a découvert une force qu'elle ne soupçonnait pas. Elle a appris à faire confiance à son corps. À être patiente. À mesurer chaque petit progrès comme une victoire.
Merci à Laurie d'avoir accepté de partager cette histoire avec nous. Ces témoignages comptent — pour celles qui traversent la même chose en ce moment, et qui ont besoin de savoir qu'elles ne sont pas seules.
Une dernière chose : Laurie a accepté de poser pour notre dernière séance photo de colliers d'allaitement. La voir porter ces créations, elle qui a vécu tout ça, c'est exactement pour ça que je fais ce métier 💖.

Si tu vis ou as vécu un allaitement de bébé prématuré et que tu souhaites témoigner, écris-moi.
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